Pierre Calté

à Hans Neuendorf

 Paris, le 8 novembre 2002

 Monsieur,

 La situation créée par la polémique engagée par M. Tarica contre le Comité Picabia, et à laquelle vous vous êtes associé en donnant de la publicité à cette affaire via votre site Artnet.com, appelle de ma part un certain nombre d’observations — que je vous livre à titre personnel, et non pas au nom du Comité Picabia.

 Je relève premièrement l’évidente communauté d’intérêt qui vous fait agir en faveur de M. Tarica, dans la mesure où, anciennement propriétaire du collage contesté Portrait de femme II exposé à Vérone en 1997, vous êtes objectivement intéressé à la démonstration de l’authenticité des œuvres de la série à laquelle ce collage appartient.

 Il m’est impossible, en outre, de ne pas croire que votre association à l’entreprise de dénigrement envers Olga Picabia et le Comité qu’elle a créé n’ait pas de rapport avec votre obstination à ne pas admettre les obligations dont vous êtes toujours redevables envers elle et sa mémoire.

 Puis-je en effet vous rappeler :

- que sans qu’aucun document n’ait jamais été signé vous vous êtes rendu « acquéreur » à la fin des années 80 auprès de Mme Picabia, par un pseudo viager, d’un nombre d’œuvres important, dont certaines ont été exposées sur vos cimaises en plusieurs occasions ;
- que vous avez cessé en 1993 tout règlement de ce viager ;
- que ces œuvres se sont retrouvées la « propriété » d’une banque allemande en paiement d’une dette que vous ne pouvez honorer, mais  qui ne peut pas plus que vous-même en justifier la possession ;
- qu’elles ont ensuite été vendues, sans que l’on sache de quelle manière et surtout de quel droit, à une galerie suisse et en vente publique ;
- que pendant près de dix ans vous n’avez jamais donné suite, notamment écrite, aux demandes d’explications de Mme Picabia et de ses représentants légaux, laissant mourir Mme Picabia dans une situation matérielle plus que précaire.

En conséquence de quoi je ne peux m’empêcher de penser que votre actuelle association aux attaques de M. Tarica contre la mémoire d’Olga Picabia et la probité des membres du Comité Picabia n’est que le paravent qui permet d’abriter votre propre malhonnêteté.

Agréez, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingues

Pierre Calté.

 
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