Centre Joë Bousquet et son Temps
Maison des Mémoires – Maison Joë Bousquet  
53, rue de Verdun – 11 000 Carcassonne

 Tél./Fax : 04 68 72 50 83


email : centrejoebousquet@wanadoo.fr 

Francis Picabia. 
Ecritures et dessins
Rencontres avec Pierre-André Benoit,
Henri Goetz, Christine Boumeester, Michel Sima.

"Mon cher Francis, allez-vous croire qu'un journal me prêtait hier de l'influence sur vous ? Nous savons bien que c'est tout le contraire qui est vrai. Vous avez été un des deux ou trois grands pionniers de ce qu'on a appelé, faute d'autre mot, l'esprit moderne. Vos mouvements l'ont conditionné en grande partie et rien ne peut faire, même après le salut bouleversé que je vous adresse, que vous restiez à la pointe aimantée de cet esprit. Nous aurions honte, que dis-je, nous aurions peur de vous quitter". 

C'est en ces termes qu'André Breton saluait Francis Picabia le jour de son décès en décembre 1953.

Né à Paris en Janvier 1879, Francis Picabia commence à peindre très tôt et rencontre dès 1911 Marcel Duchamp, Jacques Villon, Albert Gleizes, Georges Ribemont-Dessaignes… En 1919, il est l'un des artisans avec Tristan Tzara, du mouvement Dada caractéristique d'une jeune génération issue de la Grande Guerre avec la conscience de la faillite de toutes les valeurs;

Après une période marquée par l'impressionnisme, Francis Picabia se lance dans une aventure picturale singulière : cubisme et abstraction, période mécaniste et Dada, liens avec le surréalisme, époque des transparences, nus académiques et portraits dans les années 40, puis retour à l'abstraction.

La grande exposition qui lui a été consacrée ces derniers mois a permis de redécouvrir un créateur dont le nom est connu mais dont l'œuvre, dans toute sa richesse, l'est moins.

Ainsi en est-il de son écriture, où deux périodes se distinguent : durant les années 1917-1920, Francis Picabia publie neuf volumes de poèmes, mais surtout multiplie les articles dans les revues, les tracts, les manifestes… A partir de 1948, c'est l'éditeur alésien Pierre-André Benoit qui édite ses poèmes avec une grande originalité dans la forme des publications.

  L'exposition conçue par le Centre Joë Bousquet et son Temps présente une part méconnue de l'œuvre de Francis Picabia : écritures et dessins concernant les années 1945-1953, ponctués par des rencontres majeures.

  La première salle de l'exposition illustre les liens établis entre Picabia et un coupole de jeunes peintres : Henri Goetz et Christine Boumeester. Ces échanges donneront lieu aux Lettres à Christine, à l'ouvrage Explorations réunissant poèmes de Picabia et lithographies de Goetz.

Des œuvres émouvantes - exposées pour certaines d'entre elles la première fois (brouillons de Picabia, un portrait de Christine…) – ont été réunies grâce à la collaboration de la galerie Trintignan de Montpellier et du Musée Goetz-Boumeester de Villefranche-sur-Mer.

  En 1948, c'est Pierre-André Benoit qui intervient, imprimant à Alès le catalogue de l'exposition que Picabia présente à Paris, préfacé par Michel Seuphor. Une grande complicité s'établit alors entre les deux hommes jusqu'à la mort de Picabia. PAB restera fidèle et poursuivra jusqu'au bout l'édition des poèmes de son ami : au total 44 publications verront le jour, parfois sous des formes minuscules, comportant au moins un texte ou une illustration de Picabia. Cet ensemble, prêté par la famille de PAB, est présenté dans les vitrines de l'exposition.

  Dans les années 1990, Pierre-André Benoit fait don au Musée qui porte son nom, à Alès, de la plus grande partie de sa collection, dont les œuvres de Picabia. Les œuvres prêtées par le Musée PAB pour cette exposition témoignent de ces échanges intenses.

  Ce parcours dans les amitiés est jalonné de la présence du grand photographe et sculpteur Michel Sima qui réalise, vers 1951, des photographies émouvantes de Francis Picabia entouré de quelques unes de ses œuvres.

Ainsi se trouvent réunis au sein de la Maison Joë Bousquet ceux qui y sont venus à des périodes différentes : Francis Picabia dont les œuvres ornaient la chambre de Joë Bousquet ; Henri Goetz et Christine Boumeester viennent à Carcassonne en 1940 rencontrer Magritte et Raoul Ubac mais, ne pouvant pas voir Joë Bousquet ce jour-là ; Pierre-André Benoit qui rend visite à Joë Bousquet en 1945. Michel Sima, quant à lui, est le nouveau venu mais ses photographies sont là pour donner à voir, comme celles de Denise Bellon saisissant Joë Bousquet dans sa chambre, le beau visage de Francis Picabia.

  Cette exposition conçue comme un itinéraire ne se veut pas un hommage figé à celui qui détestait "le langage froid des savants", mais le témoignange d'un esprit de révolte qui ne s'est jamais assoupi.


Un ouvrage de 144 pages
, édité par le Centre Joë Bousquet et son Temps
accompagne l'exposition.

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Centre Joë Bousquet et son temps

Maison des Mémoires – Maison Joë Bousquet

53, rue de Verdun à Carcassonne

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