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A son grand-père, qui prédit que la photographie
finira par remplacer la peinture, Très
tôt, il fait preuve d'une grande indépendance de caractère ; simultanement,
son talent artistique s'affirme. Après une scolarité tumultueuse, Picabia
commence son apprentissage en 1895 à l’Ecole des Arts décoratifs
où il est l’élève de Cormon, Humbert et Wallet. Braque et Marie
Laurencin sont ses camarades de classe. En 1899 Picabia fait ses débuts
au Salon des Artistes Français avec le tableau Une
rue aux Martigues. Ce n’est qu’après 1902 qu’on ressent dans la peinture
de Picabia l’influence de Pissarro, et surtout celle de Sisley. C'est
alors que commence sa période
impressionniste. Il expose au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants,
ainsi qu’à la galerie d’avant-garde de Berthe Weill. Succès et notoriété
ne tardent pas. Picabia signe un contrat avec la prestigieuse Galerie
Haussmann. En 1905, le propriétaire de la galerie, Danthon, organise la
première de trois expositions consacrées à Picabia ; c’est le debut
d'une période prolifique durant laquelle il perfectionne sa technique
impressionniste. L’approche de Picabia est en adéquation avec les concepts
symbolistes-synthésistes de la fin du XIXème
siècle : l’art n’est pas considéré comme une reproduction
de la nature mais plutôt comme l’expérience émotionnelle de l’artiste
face à celle-ci, exprimée de façon subjective dans une synthèse de formes
et de couleurs.
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![]() Picabia dans son atelier, av Charles Floquet, 1911 |
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| Alors que sa réputation est bien établie après son exposition à la galerie Georges Petit en 1909, Picabia abandonne le passé et la place prestigieuse qu’il y occupe déjà pour s’embarquer dans l’aventure de l’art moderne. La même année il épouse Gabrielle Buffet, une jeune musicienne d’avant-garde, qui sera pour lui un stimulant intellectuel tout au long de sa vie. Ses deux dessins abstraits de 1908 préfiguront son tableau abstrait de 1909, Caoutchouc. C’est la première de nombreuses ruptures, qui caractérisent à la fois l'œuvre et la vie de Picabia, bien qu'il attende 1912 pour explorer cette nouvelle voie. Jeune artiste de trente ans, il est rejeté par l’ensemble des galeries réputées, leur clientèle et par la critique. Le coup de grâce est donné par Danthon, en Mars 1909 à l’Hôtel Drouot, quand il vend aux enchères plus d’une centaine de tableaux impressionnistes de Picabia. | ||||||||||||
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